Quand opère-t-on la rétine ?
Toutes les atteintes rétiniennes ne relèvent pas d'une chirurgie. Certaines se traitent au laser en consultation, d'autres par injections intravitréennes, d'autres encore par une intervention au bloc. Le choix dépend de la lésion, de son ancienneté et de son retentissement sur la vision.
Les principales situations
Déchirure et décollement de la rétine
Une déchirure isolée se traite au laser, en consultation, pour prévenir le décollement. Un décollement constitué est une urgence chirurgicale : la rétine doit être réappliquée, d'autant plus vite que la macula n'est pas encore atteinte.
Membrane épirétinienne
Une fine membrane se forme à la surface de la macula et la plisse : les lignes droites ondulent, la vision centrale se brouille. Le traitement, quand la gêne le justifie, consiste à retirer cette membrane par vitrectomie.
Trou maculaire
Une ouverture au centre de la rétine crée une tache sombre centrale. La chirurgie referme le trou dans la grande majorité des cas, avec un résultat d'autant meilleur que le trou est récent et petit.
Hémorragie du vitré
Du sang envahit le gel qui remplit l'œil, masquant la vision. Selon la cause (déchirure, rétinopathie diabétique), on surveille, on traite au laser, ou on opère.
DMLA et rétinopathie diabétique
Ces atteintes relèvent surtout des injections intravitréennes et du laser, plus rarement de la chirurgie. Voir DMLA et rétinopathie diabétique.
La vitrectomie, en pratique
La vitrectomie consiste à retirer le vitré (le gel de l'œil) par de très fines incisions, afin d'accéder à la rétine et de la traiter. Elle se déroule sous anesthésie locale ou générale selon les cas.
Le gaz
Une bulle de gaz est parfois laissée dans l'œil pour plaquer la rétine. Elle se résorbe seule en quelques semaines.
Le positionnement
Si du gaz a été mis, la position de la tête prescrite doit être respectée strictement : c'est elle qui applique la rétine.
Les injections intravitréennes (IVT)
Réalisées en conditions stériles, sous anesthésie locale, elles délivrent un médicament directement dans l'œil pour traiter un œdème ou des néovaisseaux (DMLA, œdème maculaire diabétique, occlusion veineuse). Elles sont répétées selon un protocole et un suivi par imagerie (OCT).
Le suivi, aussi important que le geste
La chirurgie rétinienne demande un suivi rapproché : la récupération visuelle s'étale sur des semaines à des mois, et certains contrôles conditionnent la suite du traitement. Aucun rendez-vous post-opératoire ne doit être manqué.
Un symptôme qui évoque la rétine ?
Éclairs, corps flottants, voile ou déformation des lignes : ne tardez pas.
Prendre rendez-vousQuestions fréquentes
La vitrectomie est-elle douloureuse ?
L'intervention se fait sous anesthésie (locale ou générale) et n'est pas douloureuse. Une gêne, une sensation de grain de sable et un œil rouge sont fréquents les jours suivants.
Combien de temps le gaz reste-t-il dans l'œil ?
De quelques semaines à environ deux mois selon le gaz utilisé. La vision reste très floue tant qu'il est présent, puis s'améliore à mesure qu'il se résorbe.
Puis-je prendre l'avion après une chirurgie de la rétine ?
Pas tant qu'une bulle de gaz est présente : c'est formellement contre-indiqué. Votre chirurgien vous indique à partir de quand le voyage redevient possible.
Récupère-t-on toute sa vision ?
Cela dépend de la lésion et de son ancienneté. Dans un décollement, le pronostic est bien meilleur si la macula n'était pas encore décollée. La récupération est progressive.
Faut-il opérer une membrane épirétinienne tout de suite ?
Pas nécessairement. On opère lorsque la gêne visuelle (déformation, baisse de vision) le justifie. Une surveillance est parfois suffisante.